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 EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)

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La petite Sophie
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►messages : 37
►jour de débarquement : 27/03/2012

MessageSujet: EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)   Dim 21 Oct - 14:42



L'EMBARQUEMENT

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"Blessent mon cœur.D'une langueur. Monotone."

L'heure de grâce est arrivée. Alors que De Gaulle parle sur la BBC, en Angleterre, c'est les derniers préparatifs du Débarquement. Le D-Day comme on l'appelle. Alors que la politique est en émois, que l'on se prépare à vivre le choc d'un monde, Winston Churchill se dresse fier en libérateur. D'un point de vue militaire, c'est autre chose, les hommes ont défilé dans les rues pour clamer leur amour et l'attachement à cette liberté si succincte. Aujourd'hui, l'heure n'est pas aux défilés, elle est à la préparation.

A l'aérogare, on prépare le débarquement d'une manière si particulière... Les civils s'amassent derrière les barrières de sécurité que l'on a dressé pour l'occasion, derrière, les avions rugissent, les militaires se préparent à envahir un pays qui n'est pas le leur, pour le bien commun dit-on. Alors que les nazis sont sur les dents, les pilotes prennent connaissance de leurs affectations, on pleure la sanguinaire bataille et les morts qui approchent à grand pas.
Le soldat Johnson, un américain de dix sept ans est enfin paré. Son équipement sur le dos, de tristes yeux s'offrent à la foule, il est à l'image de ses camarades, tétanisés par ce qui approche.

Pendant ce temps, le port le plus proche des côtes françaises est en pleine ébullition, Pierre, soldat québécois est en pleine divagation, alors que les pilotes sont les fiers héros de la nation, il y a peu de civils sur le port, les rues sont coupées et les armées se préparent à leur façon, certaines sont vouées à Dieu, pendant que d'autres se morfondent, des soldats pleurent, d'autres boivent. Alors que Pierre marche sur le pont d'un navire d'invasion, que les troupes embarquent, un bruit sourd se fait entendre. Un moteur ? On ne sait pas. Un autre bruit sourd au loin, et la fumée qui s'échappe. On gueule, on s'égosille, c'est la marine qu'on assasine.Pierre s'approche, il court, à sa gauche, un bâtiment explose, il est propulsé à quelques kilomètres. Sa jambe est arrachée, sa vision se trouble, et alors qu'il ferme les yeux, les troupes crient à gorge déployée.

Indications

    ✘ Cet évènement portera sur l'embarquement pour le débarquement, quelques heures avant que les hommes ne montent dans les navires ou les avions.
    ✘ Ce sujet-ci se déroule dans un aérodrome, donc, pour les militaires, sont concernés pour ceux qui débarqueront par la mer.
    ✘ Aussi, c'est au niveau du port d'Eastbourne que se déroule un sabotage de navires (donc rien à signaler pour les parachutistes !), organisés par des Allemands. L'organisation est donc perturbée, et quelques conséquences par la suite, prenez-en compte dans vos textes !
    ✘ Bien sûr, les civils peuvent aussi jouer dans cette partie.
    ✘ Cela semble logique, mais vous choisissez un des deux endroits pour RP.
    ✘ Amusez-vous bien !
    ✘ Il y aura des interventions du PNJ pour arroser un peu plus vos textes...

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Lucie H. Andrews
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MessageSujet: Re: EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)   Lun 22 Oct - 19:35

Et dire qu'elle devrait déjà être à Strasbourg depuis près d'une semaine. Mais non, d'empêchement à empêchement, elle restait coincée à Londres pour finaliser l’embarquement. Non pas qu’elle ne se réjouisse de foncer dans un nid de vipères, mais l’Alsace lui manquait. Elle était née là-bas, après tout. La franco-anglaise semblait être plus utile sur le terrain que parmi les militaires ; mais bon, les ordres sont les ordres. Ses valises étaient au beau milieu de sa chambre, fermées, avec un large manteau posé dessus. Devant son miroir, elle mettait un couvre-chef bleu marine, associé au reste de son tailleur. Il était huit heures du matin, Lucie était fin prête à rejoindre l’aérodrome. Sa belle-mère lui annonçait que le voiturier (un militaire), l’attendait devant la maison. Se hâtant pour descendre les marches, elle réajusta sa veste, et récupéra ensuite une chemise contenant quelques dossiers sur un meuble à l’entrée. Après faire le salut militaire et avoir serré la main du soldat, ils grimpèrent tous deux dans la Jeep pour aller à Upoterry. Durant le trajet, elle questionna son conducteur sur les raisons de sa venue, surtout en ce jour si particulier. Il n’en savait pas vraiment plus apparemment.

Lucie savait qu’il y allait avoir beaucoup de monde là-bas. Mais elle ne s’était jamais attendue à voir un tel rassemblement de soldats. C’était une véritable fourmilière. Certains se préparaient, d’autres se maquillaient de façon assez guerrière au niveau du visage, et certains priaient ou discutaient. On l’emmenait au centre de commandement dans l’aérogare, sous une tente consolidée. Tous les grands officiers s’y trouvaient, nerveux et impatients. Certains d’entre eux allaient la saluer directement, d’autres se contentaient d’un signe de tête. « Messieurs, j’espère que ma venue vous sera utile, parce que ça fait la septième fois que je m’achète un aller simple pour la France. » Le ton n’était pas accusateur, loin de là, même si elle comptait vraiment en France. Un des officiers s’excusa des nombreux contretemps occasionnés à la jeune femme. On lui expliqua ensuite qu’il y avait un petit hic du côté d’Eastbourne. Il y aurait apparemment eu un sacré sabotage sur l’un des navires, ce qui allait certainement retarder de quelques heures le débarquement. Et la diversion organisée par les Résistants serait décalée, et tout pourrait tomber à l’eau. Un véritable effet domino pouvait se produire, mais nous n’en étions pas encore là. On demandait alors à Lucie de confirmer certaines données, dessinées sur la carte il y a des semaines. Le stress leur faisait oublier quelques détails, rien de bien dramatique, mais la résistante leur répondait comme à son habitude. Une information claire et précise. Elle suggéra même quelques alternatives. Paroles données en coup de vent, personne n’y avait vraiment fait attention.
Un lieutenant lui transmis un message de son supérieur hiérarchique – l’officier avec qui elle avait réellement commencé à travailler avec en tant que Résistante. Un petit morceau de papiers plié en quatre. Il lui demandait simplement de continuer de fouiner à droite et à gauche. Comme si elle ne le savait pas. A peine eut-elle finit de le lire, qu’elle haussait les épaules et fit un petit rire jaune. Les officiers sous la tente discutaient encore de certains détails. On l’avait fait juste venir pour ça, c’est bien beau. Peut-être qu’ils voulaient l’impressionner. Avec tout le remue-ménage qu’il y avait, etc.. Ou peut-être qu’on tenait à ce que les hommes retiennent sa tête et son nom en cas de pépin sur le terrain. Franchement, quel intérêt. Elle n'était pas la seule résistante au monde, et loin de là. Beaucoup d’entre eux attendaient les fameux Yankees sur le terrain, à prier chaque jour pour ne pas être dévoilé. Une peur, mais aussi un courage permanent, que d’être Résistant sur le territoire ennemi.

Alors elle saluait les militaires, sans se soucier si on lui répondait ou non. De toute façon, elle n’allait pas bien loin. Juste dehors, à s’allumer une cigarette, si déjà elle a fait le déplacement. Les soldats se préparaient, surchargés comme des bœufs. La charge de tout leur matériel devait faire au moins tout leur poids. Alors qu’elle maintenant sa cigarette entre ses deux lèvres maquillées, elle allumait une nouvelle fois son briquet pour allumer le bout de papier où était inscrit dessus le mot d’ordre. Une fumée blanche s’échappa de sa bouche avec lenteur, formant des zigzags devant elle. Tout autour, les soldats couraient, riaient, méditaient. Elle devait certainement être la seule femme dans le coin, hormis devant l’aérodrome. Ou peut-être qu’il y avait encore des infirmières quelque part, elle n’en savait rien. Tout ce qu’elle voulait dans l’immédiat, c’était de voir des Américains s’envoler et coller quelques balles aux Allemands, histoire de leur donner une bonne leçon.Elle parlait toute seule. « Fais gaffe à toi, l’Autrichien, Beethoven est en train de passer à la radio. »

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Jane M. Thornton



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MessageSujet: Re: EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)   Sam 8 Déc - 16:38

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-> Upoterry ; derniers préparatifs.

Toute la base militaire était sans dessus-dessous. On courait, riait, priait aussi, les hurlements et les angoisses allaient bon train. Debout au milieu de tout ce tohu-bohu, Jane tentait avec difficultés d'attirer l'attention d'un officier américain à quelques mètres d'elle, afin de le prévenir de l'avancée de l'action... Ou plutôt du retard qu'allait prendre l'action. Quelques minutes plus tôt, au poste de télégraphie, elle et Marianne avait reçu un message stipulant que le port d'Eastbourne était en proie à un sabotage.

"Fantastique, il ne nous manquait plus que ça !", s'était exclamée la rousse dans son anglais teinté d'accent palestinien, conséquence naturelle des dix-huit ans passés à Jérusalem.

Finalement, elle joua des coudes au milieu des soldats, faisant montre de son audace habituelle, et aborda de front l'officier, qui lui répondit d'un ton soucieux agrémenté des sonorités nasillardes typiques d'Outre-Atlantique, avant d'aller en informer les autres gradés américains. Au moins une bonne chose de faite, songea l'anglaise en se frayant un passage vers l'extérieur pour y retrouver Marianne et les autres, rajustant au passage son uniforme kaki, identique à celui des autres femmes de l'armée. A son côté droit était accroché son fidèle Welrod, le "pistolet silencieux", comme disaient certains. D'ici peu, une centaine d'autres revolvers du même acabit seraient expédiés sur la France. A moins que ce maudit sabotage ne fiche tout en l'air, s'entend.

Dehors, elle alluma une cigarette, s'en tira une bouffée avant de regarder autour d'elle. Là encore, les préparatifs allaient bon train, et en espérant que les évènements d'Eastbourne ne posent aucun problème majeur, les troupes anglo-saxonnes et les résistants français réfugiés en Angleterre débarqueraient dans l'Hexagone, envahiraient le territoire, venant à la rescousse d'un pays tristement occupé par les forces allemandes. A la seule pensée de la Wehrmacht, la jeune femme eut un rictus mauvais. Ces ordures de nazis lui avaient pris son père, il y a quatre ans, et elle n'était pas prête à leur pardonner. En fait, elle ne serait sans doute jamais prête à leur pardonner sa mort, celle de tant d'autres, soldats comme civils. Inconsciemment, sa main se porta d'abord à son revolver, puis à la plaque militaire de son père au fond de sa poche, enfin à la sienne, autour de son cou. Ces gestes étaient comme un rituel, une prière silencieuse qui faisait partie d'elle depuis quatre ans. En soupirant, elle jeta le mégot de sa cigarette et s'apprêta à en rallumer une autre quand elle constata avec agacement que son briquet avait rendu l'âme. Prêtant une plus grande attention aux gens qui l'entouraient, elle avisa une jeune femme blonde qui fumait, elle aussi, comme perdue dans ses pensées. Jane s'approcha, sourit en entendant la jolie blonde maugréer quelque chose à propos d'un autrichien et de Beethoven, sachant très bien à qui ses paroles étaient adressées.


"-Excusez moi, auriez-vous du feu ? Mon briquet vient de mourir entre mes doigts."
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Lucie H. Andrews
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MessageSujet: Re: EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)   Mar 1 Jan - 17:13

Lucie ruminait encore dans sa barbe. Bien qu'elle fusse réputée pour être d'un calme imperturbable, il fallait quand même que, de temps en temps, elle se défoule un peu. Et son moyen à elle, était d'insulter les Allemands. Ils n'étaient certainement pas tous fautifs de cette guerre, mais ils ont bien suivi un chef fou à lier, avec des idées à mettre le monde à l'envers. Ses yeux suivaient les soldats, des bataillons entiers à se préparer, à se sangler, ou à enchaîner les cigarettes. Les bavardages allaient encore bon train, mais elle savait qu'un lourd silence allait s'imposer juste avant le départ. C'était à ce moment qu'on réalisait qu'on y allait, qu'on allait à la guerre. Il y avait des jeunes, sorti tout droit de l'adolescence. Mais leur détermination semblait de fer, cela pouvait se comprendre. Le patriotisme trônait dans leur tête, à en oublier d'avoir peur. D'un sens, Lucie les plaignait. Ils partent comme ils sont, mais reviendront complètement changés. Ou ne reviendront peut-être pas du tout. Dieu seul sait ce qu'il se passe dans la tête des vétérans, sorti tout droit d'une guerre, d'un véritable enfer. On n'a pas idée de ce qui peut se travailler. Ils assimilent des bruits à des armes, des explosions, et des images, à un véritable désastre qu'ils auraient vu de leur propre yeux. Non, ces jeunes là ne seront plus jeunes du tout. Leur âme, tout autant que leur peau, allaient être couverts de cicatrices, qu'ils n'oublieront jamais.

Lucie se demandait comment son mari aurait été, s'il était revenu. Certainement par le même Thomas que celui qu'elle avait connu, mais elle aurait aimé tout autant. Elle ne l'aurait peut-être pas toujours compris, mais aurait été là pour le soutenir, et l'aider comme elle aurait pu. Thomas ne verra jamais ces jours venir. S'il savait ce que sa femme serait devenue en ce jour, il en serait presque révolté. Qu'est-ce qu'une femme à à faire sur le terrain, franchement ? La questions se posait, certes, mais beaucoup agissaient dans l'ombre. Lucie, elle, se montrait, se déguisait, et se jetait dans le nid à vipères. Elle s'était fait un nom, elle en avait dupé plus d'un, et ça avait bien aidé ces Américains pour le débarquement qu'ils allaient faire. Le risque était là, certes, mais elle continuerait de le prendre, autant qu'il n'en faut, jusqu'à ce que l'on annonce la rémission d'Hitler et de ses cinglés de nazis.

Dans ses pensées, Lucie ne fit même pas attention à la jeune femme qui s'était présentée devant elle. C'était quand elle lui a parlé qu'elle sursauta légèrement, et la regarda calmement. Enfin, Lucie sourit.

"Bien sûr" dit-elle en sortant son petit briquet de l'une de ses poches. "Ce n'est pas trop le moment de les déranger pour ce genre de choses." ajouta-t-elle en faisant un signe de tête pour montrer les soldats.

Alors qu'elle s'apprêtait à se présenter à la jeune femme - qui lui avait l'air bien sympathique -, un officier sortait de la tente pour remettre un papier à Lucie, et à la jeune femme en question. Pour Mrs. Andrews, c'était un récapitulatif de ce qu'elle devait faire sur Strasbourg, la liste de personnes à interroger de manière préférentielle, les personnes résistantes à contacter, et les employés chargés de récupérés les informations sur Londres. D'un soupir, elle replia sa lettre, laissa échapper avec lenteur la fumée inspirée au préalable, avant de demander.

"Vous rejoignez aussi la France dans les jours qui viennent ?"

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Jane M. Thornton



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MessageSujet: Re: EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)   Mer 2 Jan - 18:05

-
"This day does not belong to one man but to all. Let us together rebuilt this world that we may share in the days of peace !"

-> Upoterry ; derniers préparatifs.

Jane eut un sourire sincère quand la jeune femme blonde à l'élégance certaine évoqua à demi-mots l'effervescence de la base. "Ce n'est pas trop le moment de les déranger", disait elle, à juste titre. La britannique se souvenait bien de son père, quand ils se préparait à combattre ; elle n'oublierait jamais le tremblement du bout de ses doigts, le frémissement de ses larges épaules ; mais ce qu'elle n'oublierait jamais, encore moins que le reste, c'était son regard, cette flamme incandescente qui illuminait ses prunelles, lui donnait l'air d'un homme capable de tout faire et de tout risquer. La flamme de la détermination, rendue plus puissante encore par l'amour du pays et la conviction qu'il fallait le protéger coûte que coûte. Quand il était ainsi, il semblait invulnérable. Semblait, seulement : il avait eu cette expression avant de repartir pour le front sur le continent, en 1939, et en dépit de toute sa bonne volonté et de son zèle au combat, la flamme de la détermination et du patriotisme ne l'avaient pas protégé de la Wehrmacht.

"Non, certes, ce n'est pas une bonne idée. Tous attendons ce moment depuis si longtemps, il serait stupide d'être distrait par des futilités. Merci bien !"

Elle saisit le briquet qu'on lui tendait, alluma sa cigarette et inspira une bouffée de fumée avant de rendre l'objet à sa propriétaire. Si elle paraissait imperturbable, calme telle une de ses statues grecques exposées au British Museum, au fond d'elle, la rousse bouillait d'impatience, d'énervement, d'excitation. Le sabotage d'Eastbourne s'était trouvé relégué au fond de son esprit ; elle n'y pensait plus guère, obsédée par les évènements en préparation. Le débarquement. Elle et Mary Ellen y avaient tant travaillé ! Des heures de traduction, de décryptages, d'envoi de télégrammes codés et l'invention de nouveaux codes secrets, des heures d'entraînement, de tir au revolver, de sport intensif, des années de travail sans relâche pour en arriver là. Et ses sales Fritz espéraient-ils qu'un simple sabotage allaient les freiner ? Que nenni ! C'était mal connaitre Jane, c'était mal connaitre le peuple anglais. Ceux-ci ne faisaient-ils pas face, sans relâche, aux bombardements ? Le Blitz n'était pas levé, pas plus que le couvre-feu astreignant les fiers citoyens Londoniens à rentrer chez eux se terrer dans leurs caves afin d'éviter les bombardements allemands. Pour la liberté de l'Europe, pour la paix de l'Angleterre, le débarquement aurait lieu, et ce en dépit de tout ce qu'Hitler pourrait tenter.

Perdue dans ses pensées, Jane ne se rendit point compte de plusieurs choses : d'abord, de l'expression qui s'était allumée dans ses yeux, aux iris bleu ciel, identiques par la couleur et la flamme ardente à ceux de feu son père ; ensuite, du fait qu'un soldat venait de remettre une lettre cachetée à Mrs Andrews. L'anglaise mit un certain temps à comprendre la question de l'élégante blonde, et plus de temps encore à y fournir une réponse.


"Je ne pense pas, non. Ma place est en Angleterre ; et à moins que mes généraux ne m'en donnent l'ordre formel, je ne quitterais pas mon pays."

Après une courte pose, elle ajouta :

"Honnêtement, je ne pense pas que ma présence sur le terrain serait utile. Je n'ai personne en France, mes amis sont ici."

A nouveau, elle inspira, expira. Entre ses doigts, la cigarette se consumait lentement, dégageant cette odeur forte et caractéristique, nauséabonde pour certains, mais qui ne gênait pas Jane outre mesure. Enfin, celle ci ouvrit à nouveau la bouche, se tournant vers la blonde française. Car elle avait beau maîtriser parfaitement l'anglais, Jane avait suffisamment d'expérience dans les langues pour identifier les différents accents, même les plus légers.

"J'aimerais aller en France, un jour. Ce doit être un beau pays, très agréable. Je suppose que vous, vous y allez. Quand ça ?"

Autrement dit : combien de temps l'armée enverrait-elle des soldats sur le continent après ce 6 juin 1944 ?
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Lucie H. Andrews
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MessageSujet: Re: EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)   Ven 4 Jan - 21:06

La jeune femme avec qui Lucie partageait quelques mots avait juste : on attendait tous ce moment depuis très longtemps. Nombre d'hommes et de femmes avaient travaillé comme pas deux pour aboutir à un projet d'ordre mondial, et primordial. Beaucoup ont sacrifié leur vie pour obtenir de très précieuses informations. Et le jour était enfin venu. Avec des Yankees plus motivés que jamais, et des Résistants qui renaissent de leurs cendres. L'espoir était là, et le V de Victoire se montrait sur chaque main des Anglais et des Américains. Lucie avait une dernière bouffée de fumée de sa cigarette raccourcie, avant de jeter cette dernier au sol et de l'écraser avec sa chaussure. Le petit nuage blanc s'évacuait lorsque la femme expira, faisant une longue traînée blanche dans l'air qui se dissipait presque instantanément.

De manière spontanée, elle sortit sa boîte contenant ses autres bâtons de tabac pour en sortir une autre. Jamais elle n'avait autant fumé que ce jour-ci. D'habitude, sa consommation était très limitée, mais depuis quelques temps, sa réserve se vidait bien plus vite. Elle écoutait attentivement son interlocutrice, et souriait.

"Beaucoup de personnes sont attachés à leur pays. Pensez vous chanceuse d'avoir l'opportunité de rester chez soi. Profitez-en pour moi" ajouta-t-elle avec un sourire malicieux et un petit clin d'oeil.

Elle ne l'enviait pas, non. Sa situation était bancale, mais ça lui plaisait. D'être d'un côté de la mer, puis de l'autre, elle voyait du pays.

"Nous avons besoin de bras de chaque côté de la Manche. Je jongle entre les deux pour ma part. Et vous ? Vous faites ? Vous recueillez les informations, traductrice peut-être ?"

L'Anglaise demandait alors comment était la France, qu'elle aimerait la visiter.

"Le pays a bien changé, pour ce que j'en connais. A renommer chaque nom de rue en leur langue maternelle, les Allemands ont totalement dépersonnifié notre bien belle France. Tout particulièrement Strasbourg. Bien loin de la ville que j'ai connu quand j'étais gamine. Un nid de vipères, mais la caverne d'Ali Baba quand on parle de renseignements. Un risque à prendre pour voir naître un jour comme aujourd'hui."

Elle soupirait, mais gardait le sourire.

"J'étais supposée y retourner la semaine passée, mais on avait encore besoin de moi par ici. Du coup, ça a été reporté. Je pense que je regagnerai le pays dans les jours qui viennent. A lécher les bottes du gratin allemand pour le placement de quelques canons. Hilarant comme ils se font à chaque fois avoir."

Mais ça allait forcément retomber sur elle. Et quand ils découvriront tout, sa tête sera mise à prix, et le pactole qu'il y aura au bout ne sera pas des moindres. C'était surtout un officier en particulier qu'il l'inquiétait, ce cher Oskar. Une mine d'or quand il s'agit d'informations militaires, mais il pourrait y avoir un double tranchant à son couteau. Lucie devait redoubler de prudence, encore plus après le débarquement. Ce sera certainement son dernier aller simple avant la fin de cette guerre.

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Jane M. Thornton



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MessageSujet: Re: EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)   Dim 6 Jan - 16:05

La conversation allait bon train, en réalité, sans toutefois être déconectée des évènements en préparation. Elles fumaient et bavardaient avec le sourire alors qu'elles ne se connaissaient pas, ni d'Adam ni d'Eve. Alors que tout autour l'effervescence attégnait son paroxysme, Jane et son interlocutrice ne semblaient pas pressées outre mesure. Garde aux apparences, néanmoins : en son for intérieur, Jane bouillait d'excitation et était prête à parier qu'il en allait de même pour la blonde à sa droite.

La rousse ne s'était point trompée : la jeune femme -Mrs Andrews, comme venait de le dire le soldat- était française. En effet, elle venait de lui avouer qu'elle, Jane, avait de la chance de rester chez elle. Ton malicieux, clin d'oeil, la facétie de la jeune blonde eut l'effet de faire rire l'anglaise.


"Certes, je reconnais tout à fait ma chance. Pour être honnête, je ne verrais pas vivre ailleurs qu'en Angleterre, maintenant que j'y suis rentrée."

Dix-huit ans à Jérusalem, et Jane se demandait comment elle et son père avaient fait pour tenir, aussi loin d'une patrie qu'ils aimaient tant, l'un comme l'autre.

"Ceci dit... Défendre un pays que l'on aime, mourir pour lui s'il le faut, est une belle chose. Terrible, c'est vrai, mais belle, d'un côté. Ca me fait mal au coeur de penser à tous ces miitaires qui partent sans espoir de revenir, de revoir leur pays et leurs familles... Je me sens un peu coupable de ne pas être sur le terrain avec eux. Si j'en avais eu la possibilité, croyez moi, je serais parée à décoller, moi aussi."

Comme l'avait été son père, comme tant d'autres l'étaient. Le patriotisme qui avait parmi à John Thornton de rester éloigné de Londres pendant dix-huit ans était le même qui l'avait poussé à partir pour le continent, en 1939. Le même qui aujourd'hui poussait sa fille unique à se démenner comme une folle pour préparer le débarquement, pour protéger l'Angleterre.

A sa droite, la française avoua faire les aller-retours entre France et Angleterre, situation terriblement bancale et dangeureuse, mais qui donnait la preuve qu'elle était attachée à son pays et cela, Jane le respectait plus que tout.


"C'est exact, je suis traductrice interprête depuis que j'ai intégré l'Armée. En ses temps troublés, croyez moi, c'est fastidieux. Je suis télégraphiste aussi, depuis le début de la guerre. Beaucoup de travail, mais quand on aime, on ne compte pas, n'est ce pas ? Quant à vous... Si je ne m'abuse, vous êtes dans la Résistance, non ?"
Une question stupide qui n'en était pas une. Il était évident que la Française était résistante, auquel cas, que ferait-elle ici ?
A son idée de découvrir la France, la blonde lui traça un portrait peu flatteur des actes menés par l'Allemagne là-bas, tout particulièrement à Strasbourg où elle avait, selon ses thermes, grandi. Il semblait que les Fritz prenaient un soin tout particulier à dépersonnifier le pays.


"Pour sûr, les Allemands sont doués pour détruire ce qui nous est le plus cher"

Sa remarque avait été amère, mais Jane savait que son interlocutrice ne le prendrait pas contre elle. La rousse revit l'image de son père et du régiment qu'il commendait, tous ou presque avaient été tués par la Wehrmacht. Elle eut une pensée pour Mary Ellen, sa meilleure amie, dont le fiancé était porté disparu. Peut-être était-il mort. Lui aussi, les Allemands l'avaient détruit. Ils avaient détruit leurs vies. les pensées de Jane se tournèrent alors vers le peuple anglais, qui essuyait quotidiennement les attaques de bombardiers, ses centaines de londoniens coincés dans leurs caves, ceux qui n'avaient plus d'abris. Les enfants de Londres avaient été expédiés en Ecosse sur ordre de Sa Majesté le Roi, et récemment, la britannique avait vu des photos terribles de Coventy et sa cathédrale, à présent rayés ou presque de la carte. Oh, comme elle comprenait la tristesse de cette jeune française ! Même outre-Manche, ne vivait-elle pas plus ou moins les mêmes choses ?

En dépit de son sourire, Mrs Andrews soupira. La date de son retour en France avait été reportée, rien d'étonnant selon Jane, avec le débarquement qui se préparait, les Alliés avaient besoin de renseignements précis sur le pays, et qui d'autre que les résistants pouvaient les aider ?


"Vous avez du courage, pour aller lécher les bottes des nazis. Pour ma part, je n'en serais pas capable. Remarquez, après coup, vous devez bien rire de leur bêtise ! Mais j'imagine que cela ne doit pas être simple. Les risques doivent être énormes, non ? Et qu'en est-il pour les résistants de l'intérieur ? Eux aussi ont du courage. Tout le monde n'en serait pas capable, même par amour de leur pays."
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Lucie H. Andrews
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MessageSujet: Re: EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)   Mar 8 Jan - 19:25

Lucie faisait un sourire triste quand la jeune femme parlait des soldats qui, aussi courageux pouvaient-ils être, ne revoyaient jamais leur famille. Cela faisait deux ans que Thomas était mort, et c'était en quelque sorte pour lui qu'elle se battait, à sa manière. S'il était encore vivant, il aurait certainement désapprouvé, mais il semblait nécessaire pour la franco-anglaise de ne pas rendre sa mort vaine. Elle n'avait franchement rien à démontrer, ni à prouver. Elle le faisait parce qu'il le fallait, elle voulait se rendre utile. Et grâce à sa détermination, elle a même réussi à se faire un nom dans la Résistance, et parmi les militaires.

Un sourire plus franc s'affichait sur le visage de la blonde quand sa comparse devinait qu'elle faisait partie de la Résistance. Apportant sa cigarette à se bouche, elle dit :

"On va dire que oui. Selon à qui vous parlez, je change de statue. Voyez l'officier qui vient de nous remettre ses dossiers, pour lui je suis quasi considérée comme une militaire, dans l'information. Pour les Français, oui, je suis Résistante. Pour d'autres militaires, je suis quelqu'un sans défense, voire inoffensive. Les Allemands le pensent aussi, me considérant comme une amie de taille juste en voyant la taille de mon porte-monnaie. Non pas que je ne critique mes confrères, loin de moi cette idée. Mais être considérée différemment par chacun est une chose assez amusante, surtout quand il s'agit de les remettre en place."

Lucie riait presque lorsqu'elle eut fini son discours. C'était vrai : malgré les risques qu'elle prenait, elle trouvait sa situation assez cocasse. La traductrice évoqua ensuite librement son avis sur les Allemands, avis qui était assez unanime au Royaume-Uni. Lucie l'écoutait attentivement, et était stupéfaite de l'admiration qu'évoquait la jeune femme. Pour sûr, les Résistants de l'intérieur devaient en baver. Lucie s'avouait chanceuse d'avoir l'opportunité d'être rapatriée en Angleterre. Elle pouvait y dormir sur ses deux oreilles, et sans avoir un revolver sous son oreiller. C'était presque comme une période de vacances, malgré le travail qu'on lui demande à côté. Le simple fait de dormir avec sérénité peut tout faire changer.

"Certains Résistants de l'intérieur ne savent même pas qu'ils le sont. Mais qu'ils le sachent ou non, ils auront éternellement mon plus grand respect. En tant que native française, je ne peux qu'admirer ces hommes et ces femmes qui se battent constamment. Beaucoup de mes sources se sont sacrifiées pour un détail, un semblant d'informations. Et ne jamais dormir sereinement à côté, est une chose épouvantable. Les Allemands sont stupides sur certains points. Sur d'autres, ils arrivent très bien à nous embobiner. Ils ont même déjà essayé de faire passer une fausse information pour une vraie en utilisant les mêmes moyens de codage qu'ils utilisent habituellement. Mais je pense que ça, c'est un peu plus votre rayon."

Elle faisait un petit clin d'oeil, et ajoutait, en feuilletant le dossier qu'on lui avait remis plus tôt.

" Peut-être que mes prochaines informations arriveront droit devant vos yeux. C'est toujours un peu plus rassurant de voir à qui on envoie exactement tous nos textes."

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Jane M. Thornton



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MessageSujet: Re: EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)   Jeu 10 Jan - 9:01

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Ainsi donc, la rousse britannique n'était pas dans l'erreur : Mrs Andrews était résistante. En réalité, elle semblait faire partie de ses personnes qui changeaient de visage aussi facilement que de vêtements, sans toutefois perdre de vue qui ils étaient vraiment, un trait de caractère qui ne pouvait que susciter l'admiration de Jane. Alors que la blonde détaillait plus en profondeur les différentes façons dont elle était perçue de par l'Europe, l'anglaise, tout en restant attentive à ses paroles, ne put s'empêcher de s'interroger : était-elle capable d'en faire autant ? Cinq minutes plus tôt, elle avait avoué ne pas l'être. Après la mort de son père, elle se sentait incapable de faire la lèche-bottes auprès des allemands, certes, mais d'un autre côté... Comment aurait-elle réagi si c'était l'Angleterre qui avait été envahie de la sorte ? Les paroles de Mrs Andrews concernant la politique menée par l'Allemagne à Strasbourg faisaient terriblement écho en elle. Et si c'était Londres, et non pas Strasbourg, dont les rues étaient renommées en allemand ? Et si c'était l'Angleterre qui devait subir quotidiennement les humiliations infligées par son voisin, comment aurait-elle réagi ? Au fond d'elle-même, Jane connaissait la réponse : elle aurait fait comme Mrs Andrews, comme les résistants de l'intérieur qu'elle venait d'évoquer : elle aurait pris les armes contre le Reich et pour l'Angleterre.

Alors que sa voisine évoquait à son tour les résistants de l'intérieur, qui ne pouvaient que susciter l'admiration, Jane eut une pensée pour Émilie. Elles ne se connaissaient pas, ne s'étaient jamais rencontrées : une en Alsace, l'autre en Angleterre, elles se bornaient à une relation épistolaire, mais Jane avait beaucoup de sympathie pour cette jeune française, bien déterminée à rejoindre la Résistance. Et Émilie vivait à Strasbourg ! Peut-être Mrs Andrews la connaissait-elle ? Alors que cette dernière évoquait le fait que dormir sereinement était une chance inouïe pour quelqu'un dans sa position, Jane se tourna vers elle.


"J'ai il y a peu intercepté les messages d'une strasbourgeoise qui souhaite ardemment intégrer la Résistance. Peut-être la connaissez-vous ? Elle s'appelle Émilie Récourt."

Et Mrs Andrews eut un petits discours sur le talent des allemands à embobiner les Alliés, avec force de codages et fausses informations.

"C'est exact, c'est tout à fait mon rayon ! Sourit la rousse. Moi ainsi que tous ceux de mon services ne sommes pas au chômage en ce moment. Les codes vont et viennent, ils faut décrypter ceux des Fritz et concevoir de nouveaux codes pour les troupes alliées. Vous parliez tout à l'heure de nuits sereines... Les nôtres le sont plus ou moins, quand nous ne sommes pas réveillés par les alarmes du Blitz, mais Dieu qu'elles sont courtes ! Enfin, je ne m'en plais pas. Auprès tout, c'est mon devoir."

Feuilletant son dossier, la blonde eut un nouveau clin d'oeil pour la britannique et, sans se départir de son sourire, avoua que si ses prochaines informations arrivaient devant les yeux de la rousse, elle serait peut-être plus rassurée. Jane ne put que lui sourire en retour.

"J'en prendrais grand soin, vous pouvez me faire confiance pour cela ! Et encore plus si je sais que c'est vous qui les avez envoyées ! A propos, j'ai entendu ce soldat, tout à l'heure, vous appeler Mrs Andrews. Pour ma part, je suis Miss Jane Thornton." Elle marqua une légère pause avant d'élargir son sourire. "Enchantée de faire votre connaissance !"
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Lucie H. Andrews
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MessageSujet: Re: EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)   Mar 15 Jan - 20:23

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La rouquine parlait d'une certaine Emilie Récourt. Lucie haussait des sourcils pour exprimer que ce nom ne lui disait fichtrement bien. Elle les fronçait ensuite en revérifiant la liste des quelques noms qu'on venait de lui fournir pour vérifier si celui-ci ne figurait pas dessus. Mais il n'en était rien. Une Résistante en plus n'était jamais de refus, surtout que de plus en plus se faisaient attraper et finissaient très mal. Dans ce cas, la meilleure solution qu'ils avaient était de mourir, mais les nazis avaient apparemment un certain don en matière de torture. La blonde ne voulait surtout pas passer par cette case. Elle sortait ensuite un petit calepin déjà bien usé de sa poche, et cherchait pendant un temps une page vierge, où elle notait le nom de la Résistante potentielle, une aide qui ne peut être que précieuse.

"Emilie Récourt, dites-vous ? Avez-vous un renseignement particulier pour que je puisse la retrouver ? Est-elle mariée ? Quelle est sa classe sociale ? Vous le savez autant que moi, toute information est bonne à prendre !"

La jeune femme racontait ensuite les fabuleuses nuits lorsque des alarmes retentissaient. Lucie les connaissait bien aussi malgré tout. Elle a beau être née française, elle a connu quelques misères anglaises, et elle ne pouvait que comprendre sa comparse à ce sujet. Lucie souriait, elle était contente de pouvoir parler à une autre personne qu'un militaire -enfin ... nous nous comprenons. Discuter stratégie et information à longueur de journée n'avait pas que du bon. Discuter avec la jeune femme lui faisait le plus grand bien, et permettait de passer un peu le temps avant son départ.

"Enchantée, Miss Northon. Appelez-moi donc Lucie. J'ai assez de Mrs Andrews en une journée... Et plaisir partagé. Toujours très utile de rencontrer une interprète, et rassurant de ne pas se sentir trop seule à représenter la gente féminine pour ce type d'endroits."

Lucie rangea son calepin où il était initialement, et mis le dossier sous son bras. Elle réajusta son tailleur et proposa à la dénommée Jane.

"Ca vous dirait d'aller marcher un peu ? Je n'ai plus rien à faire par ici personnellement, je ne sais pas si vous deviez passer quelque part ?"

Elle regardait les soldats, bien silencieux.

"Ils n'ont pas besoin d'éléments perturbateurs supplémentaires."
dit-elle en faisant un clin et en engageant la marche.

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Jane M. Thornton



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MessageSujet: Re: EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)   Sam 19 Jan - 15:09

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Apparemment, Mrs Andrews ne connaissait aucune Emilie Récourt, à en juger par ses sourcils froncés et sa façon rapide de lire ses dossiers, sans doute à la recherche du nom en question. Sortant un calepin, elle en chercha une page vierge avant de se tourner vers Jane et de lui poser un certain nombre de questions sur cette potentielle résistante, confirmant ainsi qu'elle n'en avait jamais entendu parler. Se remémorant le nombre pour le moins conséquent de lettres qu'elle avait échangée avec Emilie, Jane n'eut guère de difficultés à lui fournir des réponses.

"Oui, Récourt, avec un "t" à la fin. Je ne la connais pas personnellement, mais nous avons échangé pas mal de missives. Elle vit à Strasbourg, mais je ne crois pas qu'elle y soit née. Il me semble qu'elle fréquente un milieu résolument bourgeois, elle est mariée avec un collaborateur, un de ses salauds qui lèchent les bottes des nazis pour des raisons bien différentes des vôtres" sourit-elle en regardant sa camarade."Je ne crois pas qu'elle l'apprécie beaucoup. Elle n'en parle que peu, mais ça sent bien le mariage arrangé, si vous voulez mon avis. Je me doute bien que toute personne souhaitant intégrer les rangs de la Résistance vous sera utile ! Tant mieux si ces quelques informations vous aident."

Son évocation des nuits rendues agitées par les bombardements alliés sembla trouver écho en la jeune blonde. En réalité, elle devrait trouver écho en n'importe quel résident londonien, qu'il soit civil, résistant ou militaire. Le Blitz n'épargnait personne, Jane en savait quelque chose, de même que Mary Ellen et tous les autres.

"Lucie, c'est un très joli prénom. Et pas trop imprononçable pour nous, les anglais, ajouta Jane en riant franchement. Vous n'avez pas idée des prénoms et noms sur lesquels nous tombons parfois, mes collègues et moi-même. De vrais casse-têtes !"

C'était stupide, d'évoquer ce sujet pour le moins inutile et inintéressant, mais Jane ne put s'en empêcher. A quelques heures d'un évènement qui lui avait coûté tant de travail, elle se sentait étrangement détendue et calme, comme si le simple fait de discuter avec Lucie l'avait apaisée.

"Oh, vous savez, je ne suis pas la seule femme à avoir rejoint les rangs de l'armée. Ma meilleure amie, Mary Ellen Carter (elle fit un geste en direction de la base, où elle se trouvait sans doute encore), y est secrétaire-télégraphiste. Nous sommes un petit nombre, mais guère négligeable. Malgré tout, j'aimerais sincèrement qu'il y ait plus de femmes dans l'armée, et que nous puissions intégrer les unités combattantes."

Jane mit quelques secondes à répondre à l'aimable proposition de Lucie. Avait elle encore quelque chose à faire ? Elle se tourna vers la base, pensive. Officiellement, elle avait fini sa journée, mais il était rare de la voir partir à l'heure. D'habitude, elle partait à la fermeture. Bah, elle n'aurait qu'a repasser plus tard pour saluer Mary Ellen et s'assurer que le travail était bouclé. Se tournant à nouveau vers Lucie, elle lui sourit et accepta, puis lui emboîta le pas.

"Non, c'est sûr. Et Dieu sait qu'il ne faut pas perturber un militaire avant son départ !"

Elles s'éloignèrent de la base grouillante d'activité. Après avoir à nouveau emprunté à Lucie son briquet, Jane alluma une nouvelle cigarette et réitéra ses gestes familiers. La fumée blanchâtre et odorante se répandit dans l'air pour disparaître tout aussi rapidement.

"Vous parliez tout à l'heure de votre retour définitif en France, commença la rousse, vous vivez en Angleterre depuis longtemps ?"
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MessageSujet: Re: EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)   Aujourd'hui à 15:58

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EVENEMENT 1b : les derniers préparatifs (aérodrome)

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